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Programme de préparation à l’investissement

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Histoires du PPI : Clan Mothers Healing Village lance des entreprises à vocation sociale dirigées par des Autochtones pour renforcer le pouvoir des femmes

Par Nickie Shobeiry

Situé au Manitoba, le Clan Mothers Healing Village and Knowledge Centre (village de guérison et centre du savoir des mères de clan) utilise un modèle autochtone d’aide à la guérison pour appuyer les femmes autochtones qui ont été victimes de traumatismes multigénérationnels, de violence sexuelle, d’exploitation sexuelle et de traite de personnes.

À l’heure actuelle, Clan Mothers exerce ses activités à partir du centre-ville de Winnipeg. Sa mission consiste à bâtir un village de guérison au sein de la nature dans le Manitoba rural, et à approfondir son soutien grâce à des thérapies réparatrices liées à l’identité culturelle et à des programmes de formation ciblant des opportunités économiques.

« Le village de guérison accueillera des femmes autochtones qui souffrent de racisme systémique et dont les enfants sont actuellement pris en charge par le système de protection de l’enfance, indique Michelle Harrison, gestionnaire de projet pour Clan Mothers. Ces femmes y trouveront de l’aide pour reprendre leur vie en main, récupérer la garde de leurs enfants et obtenir des services de soutien en continu. »

Une fois construit, le village – qui inclut à la fois des terres boisées et des plans d’eau naturels – fonctionnera à l’énergie propre et comprendra des lieux cérémoniels, des salles de guérison et plus encore. Toutefois, pour lancer ce projet et fournir des services à long terme, Clan Mothers avait besoin de revenus additionnels. C’est pourquoi l’organisme a choisi de devenir une organisation à vocation sociale, et de générer d’autres sources de revenus grâce à diverses entreprises sociales.

L’une des entreprises sociales de Clan Mothers offre des services de vérification et de consultation relatifs à la Commission de vérité et réconciliation (CVR). Elle concentre ses activités sur la recommandation 92 de la CVR, qui demande aux entreprises d’adopter la Déclaration des Nations Unies sur les droits de peuples autochtones. « Plusieurs entreprises souhaitent vraiment avoir une contribution déterminante, mais elles ne comprennent pas la culture autochtone ni les défis auxquels les communautés sont confrontées quand il s’agit d’entrer sur le marché du travail », explique Michelle Harrison. 

Pour combler cette lacune, Clan Mothers a créé une certification qui permet aux entreprises de se conformer à la CVR et de comprendre toute l’importance d’un espace de travail inclusif. Ces consultantes CVR sont des femmes de la communauté de Clan Mothers, qui sont formées pour fournir des conseils aux dirigeants d’entreprise. « Ces nouveaux services créent plus d’occasions pour les femmes autochtones de gagner les revenus dont elles ont besoin pour soutenir leur famille », ajoute Mme Harrison. 

Clan Mothers obtient 58 000 $ pour construire et prospérer 

Depuis leur lancement, les services de vérification relatifs à la CVR ont suscité beaucoup d’intérêt. « Nos services sont demandés et nous développons déjà notre clientèle. Par exemple, les industries de la construction et de la santé et le secteur communautaire sans but lucratif ont fait appel à nous », explique Mme Harrison. Pour répondre à cette demande croissante, Clan Mothers doit donc former plus de consultantes CVR. « Quand ce sera fait, nous communiquerons avec les entreprises pour leur annoncer que nous sommes prêtes – parce que nous le sommes », ajoute-t-elle.

Pour que cette campagne de sensibilisation soit un succès, Clan Mothers devra d’abord développer sa marque, réaliser des études de marché et effectuer des modélisations financières. Ces activités vitales sont toutefois coûteuses. C’est pourquoi le Programme de préparation à l’investissement (PPI) a accordé 58 000 $ à Clan Mothers, en soutien au processus de création.

L’objectif du PPI consiste à aider les organisations à vocation sociale à devenir prêtes à l’investissement et résilientes financièrement. Par exemple, les activités soutenues par le PPI, comme le développement de la marque et des plans d’affaires, permettront d’assurer que les services de vérification relatifs à la CVR deviennent une entité à part entière de Clan Mothers. « Nous nous assurons d’embaucher toute l’expertise, qu’elle soit financière, juridique ou marketing, au sein même de la communauté », explique Mme Harrison. Si Clan Mothers décide d’approcher des investisseurs dans les mois ou années à venir, les activités financées par le PPI pourront également démontrer la rentabilité de Clan Mothers, ce qui rendra leur argumentaire encore plus solide. 

Les profits générés par les services de vérification relatifs à la CVR renforceront la stabilité financière de Clan Mothers et créeront des opportunités économiques pour les femmes autochtones, améliorant ainsi le bien-être de la communauté. « Pour un organisme relativement nouveau comme Clan Mothers, bénéficier de l’appui de ce type de financement s’avère incroyablement utile et extrêmement précieux. Cela nous permet de réunir les bonnes personnes autour de la table pour bâtir les [services de vérification relatifs à la CVR] », souligne Michelle Harrison.  

Un avenir prometteur

Quand elle réfléchit à l’avenir du village de guérison, Michelle Harrison souhaite ceci : « idéalement, nous serons en mesure d’offrir du soutien à long terme aux femmes de la communauté. Car si elles sont en santé, se comportent en leaders et soutiennent leurs familles, elles contribueront à créer un meilleur environnement pour leurs enfants et pour la communauté dans son ensemble. »  

Alors que le Canada entre dans sa période de reprise post-COVID-19, il y a beaucoup à apprendre de la façon dont Clan Mothers exerce ses activités.

« Les Autochtones ont placé l’innovation sociale au cœur de leur vision du monde depuis des siècles. En fait, elle fait partie intégrante de notre culture. Nous voyons notre communauté comme un cercle, et non comme une pyramide. Ce faisant, si une personne se porte bien, toute la communauté se porte bien », ajoute-t-elle. 

Michelle Harrison croit que plusieurs personnes commencent à s’intéresser à la façon dont les Autochtones voient le monde. « On remarque cet intérêt dans les questions qui touchent les impacts des changements climatiques, les micro-économies et le désir de créer des opportunités plus équitables », indique-t-elle. Elle souligne d’ailleurs l’importance de l’équité pour les femmes autochtones. « Nous avançons dans ce projet en ayant parfaitement conscience que nos femmes ont des compétences formidables qui peuvent être commercialisées. C’est pourquoi je pense qu’il contribuera à faire émerger une économie différente », conclut-elle.